Slasheuse assumée : pourquoi j'ai arrêté de m'excuser d'avoir plusieurs vies
"Mais c'est quoi ton vrai métier ?" — Si cette phrase te parle, bienvenue dans le club. Je suis slasheuse : coach, auteure, conférencière, engagée. Et pendant des années, j'ai cru que c'était un problème. Spoiler : ça ne l'est pas.
SLASHEUSE
Olympe Loiseau
3/27/20265 min read


Slasheuse assumée : pourquoi j'ai arrêté de m'excuser d'avoir plusieurs vies
Il y a quelques années, quand quelqu'un me demandait "tu fais quoi dans la vie ?", je prenais une grande inspiration. Parce que je savais que ma réponse allait dérouter mon interlocuteur. Ou le faire tiquer. Ou — pire — déclencher cette petite phrase qu'on entend si souvent quand on est comme moi : "Mais... c'est quoi ton vrai métier ?"
Mon vrai métier. Comme si en avoir plusieurs signifiait qu'aucun n'était réel.
Aujourd'hui, je réponds sans hésiter : je suis slasheuse. Coach professionnelle, fondatrice de M.E.T.I.I.S, auteure, conférencière, facilitatrice, engagée contre la grossophobie. Et j'ai mis du temps à le dire sans me sentir obligée de me justifier derrière.
Cet article, c'est pour toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans ça.
C'est quoi, être slasheuse (ou slasheur) ?
Le terme "slasheur" vient de l'anglais slash — la barre oblique qu'on utilise pour séparer plusieurs activités : coach / auteure / conférencière. C'est Marci Alboher qui en a popularisé le concept dans son livre One Person / Multiple Careers, et depuis, le mot a fait son chemin en France.
Un slasheur, c'est quelqu'un qui cumule plusieurs activités professionnelles de manière assumée, pas par défaut. Ce n'est pas quelqu'un qui cherche encore sa voie (même si ça peut coïncider). C'est quelqu'un dont la voie est d'en avoir plusieurs.
Et si tu te demandes si tu es concerné·e : si tu jongles avec deux projets, deux casquettes, deux passions qui sont aussi des sources de revenus ou d'engagement — alors oui, probablement que toi aussi, tu es slasheur·se.
Ce qu'on m'a dit (et ce que ça m'a fait)
Pendant des années, j'ai intégré les commentaires des autres. Ces petites phrases dites avec bienveillance, parfois, mais qui portaient un jugement quand même.
"Tu te disperses, non ?" — Peut-être. Ou peut-être que je m'épanouis sur plusieurs terrains à la fois.
"Comment tu fais pour te concentrer ?" — Mieux qu'on ne le pense, en fait. Chaque activité nourrit les autres.
"Tu gagnes ta vie avec tout ça ?" — C'est une question personnelle qu'on ne poserait pas à quelqu'un avec un seul emploi, non ?
"Ah, donc t'as pas de vrai poste fixe." — Si on veut.
Ces phrases, je les ai entendues tellement souvent que j'ai fini par les croire un peu. Par me dire que peut-être, j'aurais dû choisir. Me spécialiser. Entrer dans une case.
Et puis j'ai réalisé quelque chose : la gêne, elle n'était pas dans mon mode de vie. Elle était dans le regard des autres sur mon mode de vie. Et ça, c'est deux choses très différentes.
Pourquoi certains cerveaux ne fonctionnent pas en mode "spécialisation"
Il y a des gens qui adorent aller très loin dans une seule direction. Qui s'épanouissent dans la maîtrise d'un domaine, qui trouvent leur bonheur dans la profondeur d'un seul sillon. Je les admire sincèrement. Ce n'est juste pas moi.
Il y a d'autres personnes — et je pense que tu en fais partie si tu lis cet article — pour qui la curiosité, la diversité des défis, les connexions entre des univers différents... c'est le carburant. C'est ce qui les fait se lever le matin.
On parle parfois de profils multipotentiels : des personnes qui ont plusieurs domaines d'intérêt forts, et qui progressent dans chacun. Ce n'est pas une faiblesse, c'est une configuration. Et cette configuration a des forces réelles : l'adaptabilité, la pensée transversale, la capacité à trouver des ponts entre des idées que d'autres n'auraient jamais connectées.
Dans mon cas, ma pratique de coach nourrit mon écriture. Mes conférences nourrissent mon coaching. Mon engagement contre la grossophobie donne du sens à tout le reste. Ce ne sont pas des activités parallèles. Ce sont des activités qui se parlent, qui se renforcent.
Le moment où j'ai arrêté de m'excuser
Je me souviens d'un déjeuner avec quelqu'un qui me demandait, encore une fois, de lui "résumer" ce que je faisais. J'ai commencé ma réponse habituelle — celle avec les "c'est-à-dire", les précautions, les parenthèses pour ne pas perdre mon interlocuteur.
Et au milieu de la phrase, je me suis arrêtée.
J'ai pris une seconde. Et j'ai recommencé, autrement.
"Je suis coach, j'ai fondé M.E.T.I.I.S, j'écris, je prends la parole en public et je me bats contre la grossophobie. Tout ça en même temps. Et franchement, c'est la vie que j'ai choisie."
Silence. Puis : "Wow, c'est beaucoup."
"Oui. Et c'est exactement comme ça que j'aime ça."
Ce n'était pas de l'arrogance. C'était juste... l'arrêt de la honte. Et ça fait une différence énorme.
Comment assumer sa vie en mode slash (sans s'épuiser)
Parce que bon, être slasheur·se, ça ne veut pas dire courir dans tous les sens sans dormir. Voilà ce que j'ai appris avec les années :
1. Nommer clairement ses activités — pas pour les autres, pour soi. Savoir ce qu'on fait, pourquoi, et comment chaque activité s'inscrit dans un projet global. Ça donne de la cohérence, et ça aide à le communiquer.
2. Accepter que tout ne soit pas toujours "productif" en même temps — il y a des périodes où une activité prend le dessus. C'est normal. Le slash, c'est un équilibre sur le long terme, pas au quotidien.
3. S'entourer de personnes qui comprennent ce mode de vie — ou au moins qui ne le questionnent pas constamment. L'énergie qu'on dépense à se justifier, on peut la mettre ailleurs.
4. Se faire accompagner si besoin — oui, c'est le moment où je glisse que le coaching peut vraiment aider à clarifier son projet de vie quand on est multipotentiel·le. Pas pour choisir une seule voie. Pour organiser les plusieurs.
Et toi, tu es slasheur·se ?
Si cet article te parle, c'est probablement que tu te reconnais dans ce que je décris. Peut-être que tu as plusieurs projets en tête. Peut-être que tu les vis déjà, mais que tu n'oses pas encore le dire clairement. Peut-être que tu cherches à donner du sens à tout ça.
Je crois qu'on a besoin de plus de récits de vie non-linéaires. Plus de modèles qui montrent qu'on peut être plusieurs choses à la fois, et que ce n'est pas un problème à résoudre — c'est une façon d'être à embrasser.
Alors si tu veux en parler, si tu as des questions, si tu te demandes comment tu pourrais toi aussi construire une vie en mode slash — ma porte (virtuelle) est ouverte.
Et en attendant : arrête de t'excuser d'être toi.
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