Pourquoi je ne crois pas aux objectifs SMART

Les objectifs SMART ont un angle mort : ils supposent qu'on sait déjà ce qu'on veut. Voici l'approche que je propose à la place, inspirée de l'Ikigaï.

COACHING & RÉUSSITE

Olympe Loiseau

9/4/20263 min read

Pourquoi je ne crois pas aux objectifs SMART (et ce que je propose à la place)

Pendant des années, j'ai utilisé les objectifs SMART, comme tout le monde. Spécifique, mesurable, atteignable, réaliste, temporellement défini, la méthode a quelque chose de rassurant, elle donne l'impression de tenir enfin quelque chose de solide. Sauf qu'à force de les manier, dans mes propres projets comme avec les personnes que j'accompagne, j'ai fini par voir leur limite : ils fonctionnent très bien une fois qu'on sait où on veut aller, mais ils ne disent rien sur la direction elle-même.

Ce qui ne va pas avec les objectifs SMART

La méthode SMART vient tout droit du monde de l'entreprise, où elle est redoutablement efficace pour piloter un projet, suivre une performance, avancer vers une cible déjà identifiée. Le problème, c'est qu'elle a été transposée telle quelle au développement personnel et professionnel, comme si viser sa propre vie relevait de la même logique que viser un chiffre d'affaires trimestriel.

Or se fixer un objectif "spécifique et mesurable" quand on ne sait pas encore ce qu'on cherche vraiment, ça revient à répondre à une question qu'on ne s'est pas posée. On se retrouve avec des objectifs parfaitement formulés, et pourtant vides de sens, qu'on abandonne au bout de quelques semaines parce qu'ils ne nous engagent pas vraiment.

Le problème n'est pas la méthode, c'est ce qu'elle oublie

Les objectifs SMART sont excellents pour l'exécution, mais ils n'aident en rien à choisir la direction. Ils partent du principe que le plus dur est déjà fait, qu'on sait ce qu'on veut, et qu'il ne reste plus qu'à le planifier proprement. Dans mon expérience, avec les personnes en reconversion ou en questionnement professionnel que j'accompagne, c'est rarement le cas. Le plus dur, justement, c'est de clarifier ce qu'on cherche, avant même de parler de méthode.

Une autre porte d'entrée : l'Ikigaï

C'est pour ça que je m'appuie davantage sur une approche inspirée de l'Ikigaï, ce concept japonais qui invite à chercher son équilibre à la croisée de quatre questions : ce que vous aimez faire, ce dans quoi vous êtes doué, ce dont le monde autour de vous a besoin, et ce pour quoi vous pourriez être rémunéré. Ce n'est pas une formule magique, mais un espace de réflexion beaucoup plus large que la seule question de l'objectif à atteindre.

Plutôt que de partir d'un résultat chiffré, cette approche invite à partir de soi, de ce qui donne de l'énergie, de ce qui a du sens, de ce qui rend utile aux autres. Les objectifs viennent ensuite, mais ils ont déjà une direction, une raison d'être, ce qui change complètement la manière dont on s'y tient dans la durée.

Concrètement, à quoi ça ressemble

Dans mes accompagnements, avant de parler d'objectifs, je prends le temps de poser ces questions avec la personne : qu'est-ce qui vous fait perdre la notion du temps quand vous le faites ? Qu'est-ce que les autres viennent naturellement chercher chez vous ? Qu'est-ce qui, dans le monde qui vous entoure, vous donne envie d'agir ? Ce n'est qu'une fois ces réponses posées, même de façon imparfaite, que la question du comment, elle, redevient pertinente, et c'est là que des repères plus concrets, plus proches du SMART, reprennent tout leur sens.

Le résultat : des objectifs qui tiennent dans le temps

La différence se voit surtout dans la durée. Un objectif SMART sans direction claire derrière s'essouffle en général assez vite, parce qu'il n'est relié à rien de profond. Un objectif construit après un vrai travail de clarification, lui, résiste beaucoup mieux aux baisses de motivation, parce qu'on sait pourquoi on le poursuit, et pas seulement comment l'atteindre.

Je ne dis pas qu'il faut jeter les objectifs SMART à la poubelle, ils restent un bon outil une fois la direction posée. Mais avant de se demander comment mesurer ou planifier un objectif, je crois qu'il vaut la peine de se demander, honnêtement, si cet objectif est vraiment le sien. C'est cette question-là, plus que la méthode elle-même, qui change tout.

Si cette manière de voir les choses vous parle et que vous avez envie d'explorer ce qui vous anime vraiment avant de fixer vos prochains objectifs, n'hésitez pas à me contacter, j'en parle volontiers.

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