La grossophobie au travail : ce qu'on ne dit pas assez
La grossophobie au travail est réelle et souvent invisible. Je t'explique comment elle se manifeste, pourquoi on en parle peu, et comment agir concrètement.
ENGAGEMENTS
Olympe Loiseau
5/5/20265 min read


La grossophobie au travail : ce qu'on ne dit pas assez
Je vais être directe avec toi : pendant longtemps, j'ai cru que la grossophobie au travail, c'était les gros mots, les blagues grasses dans les couloirs, les trucs vraiment visibles. Et puis j'ai réalisé que le problème était bien plus subtil — et bien plus répandu — que ce que j'imaginais.
Aujourd'hui, j'ai envie qu'on en parle vraiment. Pas pour se plaindre, pas pour pointer du doigt. Mais parce que nommer ce qu'on vit, c'est déjà le début de quelque chose.
Ce que la grossophobie au travail veut dire concrètement
La grossophobie au travail, c'est toutes les formes de discrimination, de préjugés ou de traitements inégaux qu'une personne peut subir dans le cadre professionnel à cause de son poids ou de son apparence corporelle.
Et crois-moi, ça prend des formes très variées :
Il y a la grossophobie directe, celle qu'on reconnaît facilement : la remarque pas demandée sur ce qu'on mange à la cantine, la blague "bienveillante" d'un collègue, le regard éloquent quand on se ressert au buffet. Ce sont des choses blessantes, souvent minimisées par ceux qui les font ("c'était pour rire !").
Et puis il y a la grossophobie systémique, celle qui est beaucoup plus difficile à nommer. C'est ne pas être sélectionnée pour un poste de représentation commerciale parce qu'on "ne correspond pas à l'image de la boîte". C'est être écartée d'une formation, d'une promotion, d'un projet visible. C'est ne jamais être mise en avant dans les communications de l'entreprise. Personne ne dit rien d'explicitement discriminatoire — mais les résultats, eux, parlent d'eux-mêmes.
Les chiffres qu'on préférerait ne pas voir
Des études le confirment : les personnes grosses sont perçues comme moins compétentes, moins sérieuses, moins disciplinées que les autres — et ça, avant même qu'elles aient dit un mot ou rendu un dossier.
Des recherches en psychologie sociale montrent que les recruteurs accordent moins d'entretiens aux candidats dont les photos laissent deviner un poids plus élevé. Et dans l'évolution de carrière, les personnes en surpoids — particulièrement les femmes — progressent moins vite, pour un niveau de compétence équivalent.
Ce n'est pas une fatalité. C'est un biais. Et les biais, ça se travaille.
Pourquoi on n'en parle pas ?
Je l'ai vécu, et je l'ai vu autour de moi : souvent, on se tait. Parce qu'on a peur de passer pour quelqu'un qui "cherche des problèmes". Parce qu'on ne sait pas si ce qu'on a vécu "compte vraiment" comme de la discrimination. Parce qu'on intègre tellement les préjugés sur son propre corps qu'on finit par penser que c'est normal, que c'est mérité.
Et puis il y a la solitude de ces expériences. Contrairement à d'autres formes de discrimination, la grossophobie est encore très peu reconnue juridiquement et culturellement. Il n'existe pas encore en France de protection légale explicite contre la discrimination liée au poids dans le milieu professionnel (contrairement au Québec, par exemple, qui a introduit des dispositions en ce sens).
Alors on se tait. On encaisse. Et on finit par croire que le problème vient de nous.
Ce que ça fait, vraiment
Je ne veux pas m'arrêter aux faits : je veux qu'on parle de ce que ça fait, de ce que ça coûte.
Vivre dans un corps stigmatisé au travail, ça épuise. Il y a cette énergie mentale constamment mobilisée — à se demander si la remarque était intentionnelle, à anticiper les regards avant une présentation, à choisir ses vêtements en pensant à "limiter la casse". Une énergie qui n'est pas disponible pour le travail, pour la créativité, pour s'épanouir vraiment.
Ça impacte la confiance en soi, évidemment. Mais aussi les décisions professionnelles : combien de personnes évitent certains postes, certaines occasions de se mettre en avant, parce qu'elles ont intégré qu'elles "n'étaient pas légitimes" pour ça ?
C'est pour ça que l'engagement contre la grossophobie me tient tellement à cœur. Pas uniquement par militantisme — mais parce que j'ai vu, dans ma vie professionnelle et dans les événements que j'ai pu organiser comme Miss Ronde Martinique, combien les personnes grosses sont capables, créatives, compétentes. Et combien elles méritent de travailler dans des environnements qui les voient vraiment.
Ce qu'on peut faire — à son niveau
Alors, concrètement, qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ?
Si tu vis des situations de grossophobie au travail :
D'abord, nomme ce que tu vis. Pas pour en faire une croisade à chaque café, mais pour toi. Écrire ce qui se passe, en garder une trace, ça aide à ne pas minimiser ou douter de soi-même.
Cherche des alliés. Parfois un collègue, un manager, un référent RH peut faire la différence. Pas pour "se plaindre", pour ne pas porter seule le poids de quelque chose qui n'est pas ta faute.
Et prends soin de toi. Les micro-agressions répétées, ça fatigue. Autoriser ses émotions, en parler à quelqu'un de confiance (coach, psy, ami proche), c'est pas de la faiblesse. C'est de la survie.
Si tu observes de la grossophobie autour de toi :
Parle. Même maladroitement. Quelque chose d'aussi simple que "hummm, tu penses que c'était ok de dire ça ?" peut créer une rupture dans la normalisation.
En tant que manager ou RH, questionnez vos processus : est-ce que vos critères de recrutement, de promotion, de mise en avant sont vraiment basés sur les compétences ? Est-ce que vos espaces sont accessibles et inclusifs ? Est-ce que vos communications internes représentent la diversité réelle de vos équipes ?
Et si on changeait le regard collectif ?
L'exposition Glorieuse Grosseur de Juliette Lancel m'a marquée, parce qu'elle fait exactement ça : elle oblige à regarder les corps gros autrement. Pas avec pitié, pas avec jugement. Avec beauté, avec complexité, avec humanité.
C'est ce dont on a besoin au travail aussi. Un changement de regard. Une décision collective de ne plus traiter le corps comme un critère de valeur professionnelle.
Parce qu'un talent, ça ne se mesure pas en kilos.
Et toi, tu en es où avec tout ça ?
Est-ce que tu as déjà vécu quelque chose qui ressemble à ce dont je parle ? Dans ton boulot actuel, dans une ancienne boîte, dans un entretien d'embauche ?
J'aimerais vraiment qu'on en parle, dans les commentaires, en DM, ou lors d'un échange. Parce que ce sujet mérite d'être sorti des chuchotements.
Et si tu veux aller plus loin — que ce soit pour toi, pour ton équipe, ou pour ta structure — je t'invite à jeter un œil à ce que je propose chez M.E.T.I.I.S. On peut travailler ensemble sur ces questions d'inclusion, de leadership bienveillant et de confiance en soi.
Tu mérites un espace de travail où tu n'as pas à t'excuser d'exister. 💛
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