Ce qui différencie un événement qu'on oublie d'un événement qui marque

Qu'est-ce qui fait qu'un événement reste gravé, alors que tant d'autres s'oublient la semaine suivante ? Quelques pistes tirées de mes expériences.

EVÉNEMENTIEL

Olympe Loiseau

10/16/20264 min read

Ce qui différencie un événement qu'on oublie d'un événement qui marque

Cette question m'a trottée dans la tête un bon moment. Pourquoi certains événements continuent-ils de vivre en nous bien après qu'ils soient terminés, alors que d'autres, parfois tout aussi bien organisés, s'évaporent dès le lendemain ? En y réfléchissant à partir de plusieurs expériences très différentes, j'ai commencé à voir se dessiner quelques points communs.

Ce n'est pas une question de moyens

La première chose que j'ai eu envie de vérifier, c'est si les événements qui m'avaient marquée étaient aussi les plus ambitieux, les mieux financés, les plus impressionnants sur le papier. La réponse m'a surprise. Certains des moments qui me reviennent le plus souvent sont nés dans des formats très simples, parfois même un peu improvisés, avec des moyens limités et pas grand-chose d'autre qu'une intention claire.

À l'inverse, j'ai le souvenir d'événements beaucoup plus travaillés, avec un budget conséquent et une organisation impeccable, dont il ne me reste finalement presque rien de précis. Ce constat m'a rassurée autant qu'il m'a interpellée, parce qu'il remet en question l'idée selon laquelle il faudrait toujours plus de moyens pour créer quelque chose de mémorable. Ce qui compte semble se jouer ailleurs.

Ce qui marque, c'est ce qui touche quelque chose de personnel

En creusant, j'ai remarqué que les événements qui restent sont presque toujours ceux qui ont réussi à me toucher à un niveau personnel, pas seulement informatif. Ce n'est pas tant le contenu diffusé qui compte, même s'il a son importance, c'est plutôt le moment où, en tant que participante, je me suis sentie concernée, reconnue, ou amenée à réfléchir à quelque chose qui me touchait vraiment.

Ce sont souvent les formats les plus modestes, un petit comité, une discussion qui dévie sur un sujet que personne n'avait prévu d'aborder, qui laissent le plus de place à ce genre de moment. Rien n'est prévu pour que ça se passe ainsi, et c'est précisément pour ça que ça marque autant, quand ça arrive. Un événement qui laisse de la place à ce genre de moment a beaucoup plus de chances de marquer qu'un programme parfaitement cadré du début à la fin.

L'interaction compte plus que la quantité d'informations

Un autre point qui revient souvent, c'est la place laissée à l'échange réel entre les personnes présentes. On a tendance, en organisant un événement, à vouloir transmettre un maximum de contenu, par peur de décevoir ou de manquer de valeur ajoutée. Mais à l'usage, ce n'est presque jamais la densité d'informations qui fait qu'on se souvient d'un moment, c'est la qualité de ce qui s'est échangé entre les participants eux-mêmes.

Les événements qui laissent un vrai temps de discussion, où les gens ne sont pas uniquement spectateurs mais acteurs, créent plus facilement ce genre de souvenir durable. Cela peut passer par un format en petit groupe, par un temps de partage structuré, ou simplement par le fait de ne pas remplir chaque minute du programme et de laisser respirer les échanges informels. Ce sont souvent ces interstices, qu'on n'avait pas forcément prévus, qui deviennent le vrai cœur de l'événement.

Le cadre émotionnel compte autant que le contenu

Il y a aussi quelque chose qui tient au cadre dans lequel on accueille les participants, à la façon dont on les met à l'aise dès les premières minutes. Un événement où l'on se sent accueilli, où l'on sent que l'organisateur est attentif à ce qui se passe réellement dans la salle et pas uniquement au déroulé prévu, crée une sécurité qui permet aux gens de se livrer davantage, et donc de vivre quelque chose de plus fort.

J'ai pu le vérifier à plusieurs reprises, dans des formats très différents, du concours de beauté inclusif que j'ai eu la chance de coorganiser, à des ateliers professionnels en petit comité. Dans chaque cas, le moment qui a le plus marqué les participants n'était jamais celui prévu sur le papier comme le temps fort, mais plutôt un instant plus discret, où la dimension humaine a pris le dessus sur le programme.

Ce que j'essaie de retenir pour la suite

Tout cela m'amène à une conclusion assez simple, mais qui change beaucoup de choses dans ma façon de penser un événement aujourd'hui. Plutôt que de chercher à tout contrôler et à tout remplir, j'essaie désormais de construire des formats qui laissent volontairement de la place à l'imprévu, à l'échange réel, et à ce moment où les participants cessent d'être simplement présents pour devenir vraiment acteurs de ce qui se passe.

Ce n'est pas toujours confortable, parce que ça demande d'accepter de ne pas tout maîtriser, et de faire confiance au groupe pour que quelque chose d'authentique puisse émerger. Mais c'est, je crois, ce qui fait la différence entre un événement qu'on oublie et un événement qui marque.

Et vous, qu'est-ce qui vous a marqué ?

Je serais curieuse de savoir quel type d'événement vous a le plus marqué ces dernières années, et ce qui, selon vous, a fait cette différence. Si vous portez un projet d'événement et que vous vous demandez comment y intégrer cette dimension humaine dès la conception, plutôt qu'en espérant qu'elle apparaisse toute seule, n'hésitez pas à m'écrire, c'est un sujet qui me passionne et sur lequel j'accompagne déjà plusieurs structures.

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